J'ai suivi avec attention cet après midi les nouvelles de la manifestation pour laquelle de courageux et intègres compatriotes ont appelé aujourd'hui. Une "fête d'allégeance pour la dignité et la liberté" l'avaient ils appelée. Elle devait se dérouler devant le parlement. Un pied-de-nez a cette humiliante cérémonie d'allégeance au roi Mohammed VI, orgie de servilité, a laquelle se sont adonnés les dignitaires du régime hier.
La "manif pour la dignité" n'aura pas eu lieu car au royaume de la pensée unique, l'Etat ne pouvait admettre que des citoyens, aussi peu nombreux soient ils, puissent oser penser autrement que ce que l'Etat veut bien les laisser penser. Après tout ce ne sont jamais que les sujets de "Sidna".
Bastonnades donc, insultes, dispersion violente a coup de bâtons et poursuites des manifestants à même les cafés ou certains d'entre eux s'étaient réfugiés. Quand la police ne les guettaient plus, les baltajis, ces truands payés par le pouvoir pour terroriser les récalcitrants, prenaient le relai et veillaient au grain.
C'est le sentiment de hogra (mépris) qui prévaut ce soir.
Un témoignage en particulier a mon sens encapsule bien ce sentiment de profond mépris que tous les manifestants ont du ressentir aujourd'hui. Le témoignage digne et sincère d'une dame que je respecte énormément et que la police, "cette force d'occupation indigène au service du régime", comme dira un ami sur Twitter, tabassera sans ménagement :
Je demande des excuses aux ministres suivants: Ministre de l'Interieur, Ministre de la Famille, Ministre de l'Enseignement Supérieur!J''ai appris que le ministre de la Communication à présente ses excuses au journaliste de l'AFP malMené au cours de la répression sauvage de la manifestation pacifique pour l'allégeance à la liberté et la dignite. Je demande des excuses aux ministres cités plus haut car j'ai été malmenée par les forces de police au cours de cette manifestation. Je suis professeur universitaire à la retraite et de ce fait âgée de plus de 60 ans et je pense que je mérite du respect en tant qu'être humain et du respect du à mon âge.Les agents chargeaient aux ordre de leurs superieurs sans aucune distinction. Je porte les traces sur mes bras et mon cou et je me contenterai des excuses étant donné que je ne crois pas à la justice de mon pays. Le journaliste de l'AFP menaçait de porter plainte et il avait bien raison!
Voilà donc comment on traite les honnêtes gens au royaume de "Sidna". Car pour ce régime, un bon marocain est un marocain qui courbe l'échine, qui baise les mains de ses seigneurs et qui quémande des droits que nulle n'a le droit de lui confisquer. Un bon marocain pour eux est un marocain soumis et servile.
